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Comment a évolué l’apport nutritionnel des fruits et légumes ?

Introduction

Aujourd’hui qu’y a t-il de bon dans notre alimentation ? Si on élimine le gras, le sel, le sucre, les aliments transformés, les conservateurs, les OGM, le gluten, etc., que reste t’il ?
Même l’intérêt des fruits et légumes est largement remis en question notamment par Rue89(1), on parle de calories vides, de chute des apports nutritionnels, divisés par 100 en quelques décennies d’agriculture intensive moderne.
Le journal LeMonde(2) revient sur ces chiffres et modère l’alarmante baisse des nutriments qui n’auraient pas tous évolués aussi négativement, le journal relativise encore, certain nutriments auraient même augmentés, tout en reconnaissant une diminution de 41 % de la vitamine A sur les pommes entre 1951 et 1999, soit en moyenne 1% perdu chaque année tout de même… Le journal reconnaît également, sur la base de travaux menés aux Etats Unis sur 43 fruits et légumes, la baisse des nutriments les plus importants (20 % pour la vitamine C, 15 % pour le fer, 16 % pour le calcium ou encore 6 % pour les protéines), mais il est précisé plus loin que la façon dont notre métabolisme intègre ces nutriments est souvent plus importante que la quantité qu’il consomme (sic)(3)!
Ce qui est exact mais prête à sourire quand on sait que la capacité d’absorption d’un organisme est quand même directement liée à la qualité de son alimentation, et en particulier sa richesse en vitamines et minéraux, ces nutriments étant indispensables au déroulement même de ce processus. Par conséquent la dégradation de l’apport en micronutriments des fruits et légumes constaté ces dernières décennies impact bien in fine l’état de santé général que ce soit directement ou indirectement par l’affaiblissement du système digestif.
L’organisme étant incapable de synthétiser les minéraux et vitamines(5) essentiels dans tous ses processus biochimiques, elles doivent donc impérativement être apportées par l’alimentation. A cela s’ajoute un accroissement de nos besoins lié au mode de vie moderne comme le stress, la pollution ou encore la prise de médicaments qui consomment plus rapidement nos réserves ou limite leur assimilation(6). L’élimination urinaire du magnésium se trouve par exemple accélérée lorsque nous sommes soumis à un stress.
Face à ce constat, comment retrouver de bons produits (légumes, fruits et céréales), sains et riches en tous ces éléments essentiels ?

1/ Les sols

Une partie de la réponse se trouve certainement dans les sols, ainsi que l’ont mis en évidence Louis Robinet et le professeur Pierre Delbet en 1934 avec leur étude sur les carences du sol en magnésium(7).
C’était une époque où on mangeait encore local et où il était donc encore possible d’étudier sur les populations les conséquences sanitaires des carences en micronutriments des sols. Les résultats montrent clairement le lien entre apport alimentaire en magnésium et cancer.
« Là où le magnésium est abondant, le cancer est rare. Là où le magnésium est rare, le cancer est fréquent. [...] Les cancers sont donc 2,5 fois plus fréquents dans les régions où le magnésium est rare.» Pierre Delbet, in Politique préventive du cancer, 1944.
Cette étude montre également qu'il y a une différence de 60% dans le nombre de suicides entre régions très pauvres et très riches en magnésium. Le magnésium a également un rôle déterminent dans la prévention des maladies cardio-vasculaires, du diabète, de l'ostéoporose, de la dépression nerveuse.(8)
On a ici un exemple patent de l’importance déterminante de la qualité du sol sur le produit final, bien loin des considérations de l’agriculture moderne et de son exploitation intensive, en monoculture, avec intrants prédigérés immédiatement disponibles pour les plantes. Dans cette organisation le sol ne joue plus de rôle, n’est plus nourrit et ne donne plus rien, il devient stérile et n’est plus là qu’en tant que support inerte.
En France, le couple spécialiste des sols vivants est certainement Claude et Lydia Bourguignon et ce n’est pas une surprise que de les retrouver membres honoraires de l’institut Pierre Delbet(9).

2/ Le choix des variétés

Un autre axe important de recherche pour retrouver des fruits et légumes pleins, de vie, de nutriments et de saveurs est à chercher du côté des variétés choisis.
La qualité des graines, leur histoire, leur adaptation a un terroir, voilà un facteur clé qui a, au fil du temps, pris un autre sens. Quand la bonne variété était celle qui avait été patiemment façonnée à la fois pour ces qualités nutritionnelles et gustatives à une époque où les régimes n’existaient pas et pour son adaptation au milieu ce qui inclut la résistance aux parasites, l’adaptation à la pluviométrie, au type de sol, à l’ensoleillement, aux variations des saisons, aux modes de conservation régionaux.
La globalisation a entraîné la recherche en quelques années de standards adaptés aux nouvelles méthodes de transports et de conservation, à l’agrochimie, à la mécanisation, au nouveau système de référence : un bel aspect et pas cher, le rapport qualité/prix ou la spirale vers le néant, des produits vides, qui sont maintenant de plus en plus chers.
Cette réalité apparaît désormais de plus en plus aux yeux de chacun, l’impression de manger un fruit en plastique, lisse, sans goût ni sucre, couverts de pesticides. C’est de la flotte qu’on continue d’acheter au prix fort, culpabiliser que nous sommes par des injonctions contradictoires : d’un côté le Programme National Nutrition Santé, initié en 2001 par le Ministère français de la Santé, préconise de « Manger 5 fruits et légumes par jour », de l’autre malgré le peu d’appétence du public, on entretien ce système de malbouffe en le rendant de plus en plus repoussant et morbide : le glyphosate(10) de Monsanto est pour l’OMS un cancérigène probable mais reste pour Bruxelles non cancérigène et autorisé fin 2017 en France pour les 5 prochaines années, selon le ministère de l’Agriculture l’utilisation des pesticides ne cesse d’augmenter, encore +12 % entre 2014 et 2016 en France qui font suite à un +9,4 % entre 2013 et 2014(11) et à contrario on envoie les agents de la répression des fraudes aux chercheurs comme Eric Petiot12) qui propose des solutions efficaces pour réduire les pesticides et soigner les plantes avec des plantes(13) .
Cependant on dit bien « quand le mensonge prend l’ascenseur, la vérité prend l’escalier, elle met plus de temps mais finit toujours par arriver », et dans ce cas c’est peut-être par le biais du documentaire « Que mangeons-nous vraiment ? De la terre à l'assiette » que la vérité arrive. Ce documentaire(14) de Linda Bendali et Sophie Le Gall montre bien que quand on achète des légumes conventionnels ou provenant de graines F1, ils sont pratiquement totalement vides de nutriments, vitamines etc.
L’étude menée sur 3 ans a mis en évidence l’influence déterminante de la variété de la graine sur la qualité nutritive d’une tomate, et ce quelque soit le type de culture, bio ou conventionnel pour l’apport nutritif ce n’est pas ce qui compte mais bien quelle est l’origine de la graine, s’il s’agit d’une variété paysanne c’est à dire une vraie variété ancienne n’ayant subit aucun croisement ou s’il s’agit d’une espèce industrielle que ce soit un hybride F1ou une autre sélection créé par l’industrie semencière.
Les résultats sont impressionnants(15), Eric Marchand de l’association « Les Croqueurs de carottes » y raconte la surprises des laboratoires à la lecture des 1ers résultats bien au-dessus des moyennes admises communément, en effet la comparaison est vraiment peu flatteuse pour les tomates conventionnelles, suivant la variété ancienne, les nutriments sont de 10 à 20 fois plus importants soit des chiffres de +1000 % à +2000 %!
Les 3 variétés paysannes les plus remarquables pour leur contenance en nutriments sont les tomates Pokusa, Green Zebra et Cornue des Andes.
Voici le graphique qui récapitule trois ans d’analyse sur les deux premières lignes les hybrides F1 en dessous 10 variétés paysannes différentes.

Conclusion

Pour conclure, on peut souligner que le surcoût lié à l’achat de semences de qualité, permet de préserver un patrimoine commun, une intelligence de la nature qui s’est mise en place puis auto-transmise et améliorée seule sur des centaines d’années. Aujourd’hui « 75% des variétés comestibles cultivées au début du XXe siècle ont disparu!»(16) et on se rend seulement compte qu’il est urgent d’agir pour sauver ce trésor de vie et de santé pour tous. De petits gestes peuvent être fait et porte déjà leur fruits, ce 25 Juillet suite à l’action menée par 9 organisations écologiques, la cour de justice de l’Union Européenne a rendu un arrêt pour que tous les nouveaux OGM soient règlementés comme tels, confortant ainsi notre liberté de refuser de cultiver ou de consommer des OGM et notre droit de vivre dans un environnement sain.(17)
(1) https://www.nouvelobs.com/rue89/rue89-planete/20150126.RUE7557/une-pomme-de-1950-equivaut-a-100-pommes-d-aujourd-hui.html
(2)https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/10/12/qualite-nutritive-des-aliments-des-inquietudes-et-des-exagerations_5012617_4355770.html
(3) « Une synthèse des connaissances scientifiques publiée en 2007 par Brian Halweil, professeur au Worldwatch Institute, souligne par ailleurs que la façon dont notre métabolisme intègre ces nutriments est souvent plus importante que la quantité qu’il consomme. » Le Monde 12 10 2016 « Qualité nutritive des aliments : des inquiétudes et des exagérations »
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Vitamine_D
(5) A l’exception de la vitamine D (qui peut être synthétisée après exposition au soleil, sous certaines latitudes) et de la vitamine K
(6) https://www.nutriting.com/comprendre-la-nutrition/la-nutrition-en-7-lecons/vitamines-et-mineraux/
(7) http://en.institutpierredelbet.org/prof-pierre-delbet.html
(8) Livre Génocide alimentaire de Yvan Erbs, http://www.livre-genocide-alimentaire.com/
(9) http://en.institutpierredelbet.org/honorary-members.html
(10) https://fr.wikipedia.org/wiki/Glyphosate#/
(11) https://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/pesticides/l-usage-des-pesticides-a-augmente-de-12-en-france-entre-2014-et-2016_2869939.html
(12) http://www.eric-petiot.fr/ + https://www.youtube.com/watch?v=AQrPsygAKTw&feature=youtu.be
(13) https://www.infogm.org/preparation-naturelles-les-lobbys-preoccupes
(14) documentaire de Linda Bendali et Sophie Le Gall « Que mangeons-nous vraiment ? De la terre à l'assiette » diffusé sur France 3 fin juin 2015
(15) https://consumersvote.org/2016/09/25/quand-vous-achetez-des-legumes-conventionnels-vous-achetez-du-vide/
(16) « 75% des variétés comestibles cultivées au début du XXe siècle ont disparu!» chiffres de la F.A.O.( F.A.O. = Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture)
(17) https://www.semencespaysannes.org/les-semences-paysannes/presse/52-la-cour-de-justice-de-l-union-europeenne-confirme-que-tous-les-nouveaux-ogm-doivent-etre-reglementes-comme-tels.html
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